Quatre jours en Amérique du Sud

Georgina étudie le français et l’espagnol et cette année, c’est la troisième année à l’université. Cette troisième année doit se dérouler à l’étranger. Pour la langue française, elle a passé six mois sur la Côte D’Azur, à Antibes. Elle a travaillé comme stagiaire pour une entreprise de location de voitures. Lorsque le moment est venu de partir, elle est retournée chez elle en Angleterre pour se préparer à la prochaine étape, c’est-à-dire aller dans un pays hispanophone.

Elle nous raconte son histoire « Mon histoire est résumée dans le titre : un voyage très court (et très cher !) Mardi 10 mars, je suis partie pour la Bolivie avec l’intention d’y rester pour six mois. Les deux premières semaines, je devais les passer avec mes parents et un groupe retrouvé en Bolivie pour un voyage organisé par une agence connue sous le nom de « G Adventures» Pendant quatre mois, j’aurai dû être en périphérie de La Paz, capitale financière de la Bolivie, et j’aurai dû travailler avec une organisation qui s’appelle « UpClose ». Puis finalement, pour mes cinquièmes dernières semaines j’aurai voyagé au Pérou et en Colombie (avec une amie de l’université).

Cependant, cela ne s’est pas tout à fait déroulé comme cela. En fait, c’est ainsi que le virus COVID-19 a transformé mon aventure de six mois en une aventure de 4 jours !

Une chose est sûre, la semaine dernière a été un tourbillon pour tout le monde et sans aucun doute je ne suis pas une exception. Comme je l’ai dit précédemment, le 10 mars je suis partie de l’aéroport de Gatwick (Londres) pour commencer ce voyage incroyable. J’étais très heureuse d’avoir mes parents avec moi, pas seulement pour passer du temps avec eux, mais également, pour avoir leur aide dans mon installation future. Après 34 heures pas si horribles en avion et 3 vols plus tard, nous avons enfin atterri en Bolivie. C’était passionnant !

La première mauvaise nouvelle est arrivée très vite. Le lendemain, après un repos essentiel (je ne sais pas exactement combien d’heures nous avons dormi), nous avons appris que la Bolivie avait fermé les frontières entre l’Europe et l’Angleterre à cause de la menace du virus COVID-19. Pourtant il n’y avait que deux cas en Bolivie, néanmoins comme c’est une situation très sérieuse, on avait besoin de prendre des mesures restrictives. A cet instant, mes parents et moi essayions de ne pas paniquer. Nous étions venus ici pour profiter de ce pays et c’était exactement ce que nous voulions faire. Donc, nous reprendrions le programme comme prévu et nous commencions à découvrir ce pays très divers. Sans conteste, La Paz est la ville la plus dynamique que je n’ai jamais vue: il y a tant de marchés recouvrant les rues, partout la nourriture est vendue dans la rue, on découvre toutes les couleurs et sans parler des voitures avec les conducteurs complètement fous. De toute évidence, le code de la route n’existe pas ici !

Malgré la folie de cette ville, nous avons décidé de mettre nos vies dans les mains d’un conducteur fou pour découvrir les divers paysages qu’elle offre. Bien sûr, nous n’étions pas très informés de l’intensité de cette excursion. Après tout, nous n’avons personne à blâmer…c’était vendredi 13, le jour de la malchance. Bref, Chacaltaya, l’endroit que nous allions visiter avait une station de ski abandonnée à une altitude de 5421 mètres. Sans aucun doute, la route pour y arriver a mise à l’épreuve notre montée d’adrénaline avec des falaises constantes à chaque virage de la route. Bien que nous pensions que nos cœurs allaient exploser, les vues étaient incroyables et très diverses. Je ne sais pas si mes parents pensent que cela valait la peine, mais quelle expérience ! Maintenant, nous pouvons nous rappeler les photos et nous pensons que c’était l’excursion la plus impressionnante de toutes…

Après être revenu à une altitude plus favorable de 3600 mètres à La Paz, c’était l’heure de nous détendre un peu en découvrant la « Valle de le Luna » au sud de La Paz. C’était incroyable et, plus important encore, dans les plaines. Et on respirait ….

Nous sommes retournés à l’hôtel, en vie et en bonne santé. Nous avons rencontré le groupe avec qui nous passerions les deux prochains jours. Le lendemain matin est arrivé, et pendant le déjeuner, le groupe de 9 personnes, est passé à 5 personnes puis à 4 personnes. Les Canadiens ont décidé de retourner dans leur pays compte tenu des difficultés liées au problème de COVID-19. Beaucoup de frontières se fermant, il y avait moins d’options de vol et donc plus de stress.

Déterminés à poursuivre le voyage, samedi est arrivé et aussi le temps de prendre l’avion pour aller au Sucre, la vraie capitale culturelle de la Bolivie pour rencontrer le reste du groupe venant du Brésil. Mais, ce que nous ne savions pas, c’est que ce groupe de 5 personne n’est plus constitué que de 2 personnes.  Malgré cette situation étrange, nous avons apprécié la première nuit (et la dernière par certains) tous ensemble avec un diner accompagné d’un spectacle de danses folkloriques boliviennes (il y en a beaucoup ; j’ai oublié le nombre).

Malheureusement, pour mes parents et moi, samedi 15 à quatre heures du matin, d’autres mauvaises nouvelles se sont produites directement pour nous. Le gouvernement britannique a déclaré que le FCO avait mis à jour le conseil aux voyageurs « ne partez pas en voyages non essentiels ». Cela signifie que nous devions repenser nos options et retourner très probablement en Angleterre, aussitôt que possible. Étant donné que les frontières se fermaient très rapidement y compris la route à travers l’Amérique du Nord, nous n’avions plus le choix et par conséquent il fallait que nous prenions une décision.

Il faut beaucoup de patience pour effectuer une tâche comme celle-ci dans une situation ne ressemblant à aucune autre, et c’est pourquoi j’avais de la gratitude pour mon père ce jour-là. Il passait toute la journée à essayer de changer nos billets d’avion de retour Malheureusement, notre agence de voyages, « STA Travel », n’a pas été très réactive pendant cette période : leurs bureaux fermaient, il n’y avait aucun contact par e-mail et les files d’attente au téléphone ont duré au moins deux heures. Mais, finalement, et après plusieurs heures et beaucoup d’argent dépensé, nous avons obtenu les billets pour retourner en Angleterre dès le lendemain.

 Il était temps de profiter de cette dernière nuit en Bolivie. Ainsi, nous sommes allés dans une discothèque sur le toit du centre-ville, suivi d’un dîner privé sur la terrasse d’un restaurant. Tout semblait normal à ce moment-là pourtant en réalité ce n’était pas le cas. La compagnie, la vue, la nourriture et les boissons ne pouvaient pas être meilleurs. Suite des mauvaises nouvelles lors de ce voyage, quelques heures plus tard, le gouvernement de l’Amérique du Sud a déclaré qu’elle allait fermer toutes les frontières intérieures et c’est donc pour cela que nous devions tous partir avant qu’il ne soit trop tard. Les autres ont appris que l’agence de voyage avait annulé le programme et donc, comme nous, ils devaient trouver un vol pour retourner chez eux.

Sucre:

Le lundi 16 mars à cinq heures et demi du matin, après trois jours et demi en Bolivie, il était temps de prendre un taxi pour l’aéroport…encore une fois. L’itinéraire serait le suivant :  de La Paz à Santa Cruz, Santa Cruz à Sao Paulo (Brésil), Sao Paulo à Paris, Paris à Londres Heathrow, Heathrow à Gatwick.

Et maintenant ? Vient le temps de la réflexion. 39 heures de route, 4 vols, un manque de sommeil et de douches, une halte émouvante et triste à Paris quand mon petit copain, qui tentait également de rentrer dans son pays en Afrique du Sud, ne se trouvait qu’à quelques mètres de moi dans l’aéroport mais qu’il n’a pas eu la possibilité de me rejoindre, un trajet en taxi d’un aéroport de Londres à un autre de l’autre côté de la ville, et enfin 4 heures de voiture pour arriver chez nous au nord. Finalement, à minuit le mercredi 18 mars, nous sommes rentrés à la maison. Le plus important est que nous soyons enfin en sécurité avec une douche et un bon lit.

Quelques semaines plus tard, je gère non seulement tout ce qui s’est passé la semaine précédente mais aussi et surtout ce qui se prépare. C’est une terrible réalité que tout le monde doit comprendre. Après être arrivés en Angleterre, mes parents et moi, nous nous sommes isolés de la société par précaution bien que le gouvernement, à ce moment-là, ne l’impose pas. Mais cela nous semblait nécessaire pour aider à notre niveau dans cette situation grave et aussi pour que nous ne fassions pas partis de la chaîne nuisible qui propage ce virus.

Maintenant, je suis heureuse que le gouvernement ait enfin pris les mesures nécessaires pour que les britanniques, comme tout le monde, se rendent compte de la sévérité de ce virus et de la responsabilité de l’individu. Personne ne sait ce que les prochains mois apporteront. Partout, les universités ont arrêté toutes les formes d’enseignement en présence physique et elles ont conseillé aux étudiants de rentrer chez eux. Il n’y plus de tohu-bohu dans les grandes villes, et ce sont plutôt des villes fantômes. Plusieurs étudiants s’inquiètent pour leur diplôme. Personnellement, étant étudiante en langues, l’année à l’étranger est à mon avis l’année la plus importante parce qu’elle offre un moment essentiel d’intégration dans une nouvelle vie avec une culture différente, la pratique d’une langue étrangère pendant qu’on travaille ou étudie. On acquiert une réelle connaissance et une perception du monde ne ressemblant à aucune autre.

Bref, c’est mon histoire. Je sais qu’il y en a beaucoup d’autres. Chacun a ses propres difficultés auxquelles on doit faire face très bientôt. Sans aucun doute les prochaines semaines et mois seront un défi pour le monde entier.

D’après mes expériences des dernières semaines, je voudrais donner quelques conseils :

  • Pensez aux autres pendant tout ce temps surtout aux personnes âgées, aux plus vulnérables et aux personnes seules
  • Restez chez vous
  • Lavez-vous les mains
  • Aidez les autres si vous le pouvez mais de manière prudente
  • Écoutez les nouvelles d’autres pays qui sont dans des situations plus graves
  • Et, par-dessus tout, profitez de ce temps pour vous détendre et pour faire tout ce que normalement vous n’avez pas le temps de faire.

C’est important de ne pas oublier que nous sommes tous dans le même bateau. Soyez heureux d’être en bonne santé et en sécurité car il y a beaucoup de gens qui ne peuvent pas en dire autant.

Georgina Wright

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